lundi 17 septembre 2012

Myosotis à Tokyo

Au fil du temps, les souvenirs du voyage de juin prennent leur juste place dans la mémoire de la voyageuse maladroite. Partir au Japon, c'était l'espoir de voir enfin de vrais jardins avec de vraies lanternes ; on n'a pas été déçu





Mais Tokyo est avant tout une capitale et les millions de gens qui y vivent travaillent et se débrouillent avec peu d'espace pour la vie quotidienne. Les voitures et les camions sont plus petits qu'à Washington DC (et la taille des pneus, plus petite également, est peut-être une raison qui rend le traffic moins bruyant...)

On range tout ce que l'on peut, partout où c'est possible. Quand on a de la place, on gare un véhicule. Sinon, on installe un parking à vélos (parfois vertical pour gagner encore de la place). Et sinon, on met des pots de fleurs de toutes les tailles ou des arbres bien soignés...
Et par-dessus tout, on essaie de rendre jolis les endroits les plus visités, jolis jusqu'aux pavés des trottoirs.

mercredi 22 août 2012

Lettres de noblesse

L'été qui s'achève a apporté son lot de révélations... De quoi conférer à Myosotis divers titres de noblesse auxquels elle ne pensait pas prétendre...


D'abord, en juin, ce fut le merveilleux cadeau d'un voyage au Japon (pour accompagner le Grand Chêne au travail) : rencontre rêvée avec un ailleurs longtemps idéalisé, choc culturel, découvertes en tout genre... Mais le corps (en particulier l'estomac...) est un mauvais compagnon de voyage qui ne se plie pas volontiers au décalage horaire... Et par-dessus tout ça, pour avoir oublié de consulter ses emails, Myosotis a manqué un rendez-vous avec un ami de longue date fixé à Sendai... Elle est donc revenue piteuse et nauséeuse, des images plein la tête mais archiduchesse des voyageurs maladroits.
En juillet, le Grand Chêne toujours au travail, Myosotis avait à accueillir une proche petite famille venue tout exprès de France... On avait composé un programme, proposé des activités, visites et sorties... C'était sans compter avec certaines résistances adolescentes. Myosotis s'est ainsi retrouvée marquise des mères naïves et des tantes pleines de bonnes intentions sans bons résultats.

En août, quand enfin le Grand Chêne a pris des vacances, le petit jardin est parti vers le sud, sur la côte atlantique, dans les Outer Banks. Une belle plage interminable bordée de dunes, des ciels merveilleux parcourus de nuages variés (pas toujours orageux), des fragments de coquillage polis par les vagues dans le sable fin... Depuis longtemps membre du club des mauvais nageurs frileux, Myosotis a découvert qu'elle est aussi comtesse des vacances au vinaigre : pour un appareil dentaire oublié par Petit Sapin, fallait-il passer une heure à trier (en vain) les poubelles dans l'arrière-cuisine du restaurant ? Pour un mauvais matelas, dans la location jolie mais vétuste, fallait-il choisir de dormir sur le sol, sur un tas de couvertures enveloppé d'un drap ? Et pour des jours de compétitions olympiques retransmises à la télévision, fallait-il sans cesse se laisser submerger par l'émotion des vainqueurs (et des autres) ?
Myosotis s'apprête donc à vivre la rentrée nantie de tous ces titres rudement gagnés... Il va falloir du temps, de l'humilité et de l'humour pour que le meilleur de cet été 2012 surnage et prenne le dessus dans les souvenirs. Cet élitisme de la mémoire est-il un apanage naturel de la noblesse ?

vendredi 25 mai 2012

Chutes

Pour fêter la retraite de sa Maman venue de France et lui offrir un moment de liberté, Myosotis avait tout organisé depuis des mois : l'itinéraire, la location d'une voiture, la réservation d'une chambre d'hôtel...
Puis le moment est venu. Presque 10 heures de voyage dans des paysages variés (en passant par la très jolie Pennsylvanie) et enfin, Niagara Falls.
Côté américain, le large fleuve d'abord tranquille,

puis les rapides


et enfin l'à-pic vertigineux où l'eau s'effondre dans un grondement vaporeux...


Côté canadien, de grands hôtels qui regardent les chutes, et des projecteurs qui s'allument le soir en changeant régulièrement de couleur...

Un lieu mythique envahi de touristes mais fascinant quand même, parce que tant que l'eau du lac Erié coulera vers le lac Ontario en franchissant ce grand saut, cela fera du bruit...
Une belle balade.

Pourtant, au retour, alors que l'on revenait du bonheur en tête, une autre chute est venue altérer le cours de la vie (pour reprendre la métaphore du long fleuve tranquille, à la suite de Lorraine).
Là-bas, en France, le merveilleux regard d'un oncle chéri vient de s'éteindre. Il était âgé et malade, il savait qu'il touchait au terme de sa vie et n'en demandait pas plus. On se consolera en pensant qu'il est soulagé de ses peines...
Mais cher Tonton Jean, comme tu vas nous manquer ! Avec ta charité discrète, ta patience inaltérable, ton humble gentillesse, tu as offert à mon enfance une oasis de paix dont j'avais bien besoin.
Il n'est pas possible de redire tout le bien qui rayonnait de ton sourire si doux, ni de te remercier pour tout ce que tu as fait (en plus des jolis meubles sur-mesure !). Et les larmes coulent, plus fortes que tous les efforts pour être raisonnable... C'est un Niagara de tendresse désolée...
La paix va revenir, bien sûr...
Qu'elle vienne d'abord pour toi...
Et, pour la dernière fois : je t'embrasse de tout mon coeur.


dimanche 22 avril 2012

Et peut-être la paix...

Aujourd'hui, il a plu. Longuement. Pas si désagréable, une longue pluie dominicale sur les buissons et les gazons qui l'attendaient... Il fait encore froid, mais on se dit que cette fois le mauvais temps aura de bons effets sur les jardins.
On s'entraîne à la patience.
Et on va visiter une exposition à la National Gallery of Art.
Pour fêter les 100 ans du cadeau de 3000 cerisiers par le Japon aux USA, le festival de Cherry Blossom dure un mois cette année. Et Le Japon a prêté (pour un mois aussi) une collection de peintures sur soie du peintre Jakuchu, si célèbres et si peu souvent exposées ensemble que des Japonais ont fait le voyage pour venir les admirer ici...

C'est merveilleux de finesse et de profondeur. Chaque peinture s'accompagne d'une méditation sur les symboles et le message qu'elle entend illustrer. En observant les détails (grossis sur des clichés exposés dans la salle suivante), on se prend à s'interroger sur le matériel utilisé par l'artiste... Cela existe donc, des pinceaux si fins ? Avec un seul poil ?

Mais la grande salle qui présente les 27 tableaux de part et d'autre, avec 3 portraits de sages bouddhistes en triptyque perpendiculaire, semble trop petite pour contenir la foule. On s'efforce de se concentrer en partageant courtoisement l'espace, on se bouscule et on s'excuse (quand on y pense), certains laissent de bonne grâce Petit Lierre se faufiler plus près, d'autres feignent la surdité et demeurent sans bouger, plantés devant l'oeuvre qu'ils veulent sans doute s'approprier. D'autres encore manifestent leur exaspération : comment tant de gens osent-ils s'immiscer entre l'art et eux ? Enfin, n'est-il pas évident à leur mise (chapeau incroyable et robe chic pour les dames, bras croisés derrière le dos et lunettes demi-lune pour les messieurs) que cette exposition s'adresse d'abord à eux, les véritables amateurs éclairés ?
Qu'ils restent où ils sont, on va plus loin s'extasier sur autre chose...
Bien sûr, tout cela gagnerait à être vu dans la sérénité d'un temple japonais cerné de jardins sous la lune. Mais il faut saisir le moment et goûter ce qui est offert, de bon coeur... C'est bien plus sage. Et l'on en gardera longtemps le souvenir... Et l'on y repensera sous la pluie interminable...
Dans le joli trésor de ces images admirées un moment, si l'on mettait en réserve un peu de bonheur ? Un peu de lumière ? Et peut-être la paix ?

mercredi 11 avril 2012

Temps de cochon


... c'est exactement ce que l'on pense en regardant par la fenêtre les branches secouées par le vent froid sous un ciel gris menaçant.
Certains buissons d'azalées ont déjà sorti leurs pétales et semblent le regretter, les arbres se couvrent peu à peu de verdure mais avec hésitation...
Petit Sapin et le Grand Chêne sont partis au travail avec leur gros manteau d'hiver.
Ce n'est pas que l'on se plaigne : après tout, les vacances en ordre dispersé (chacun son tour pendant tout le mois d'avril) ne s'en déroulent pas moins bien. On fait de petites activités "hivernales", quelques courses, un peu de cuisine, et personne ne s'ennuie.
Mais c'est vraiment un temps de cochon.
La preuve : Petit Lierre a perçu cette atmosphère automnale et parle d'aller acheter des citrouilles...

mardi 10 avril 2012

Après Pâques avec Victor hugo

Un bien joli morceau de poésie inattendue. On n'en a jamais fini avec les surprises dans l'oeuvre de ce poète !
Bourgeois parlant de Jésus Christ, extrait du recueil posthume Toute la Lyre :

- Sa morale a du bon. -Il est mort à trente ans.

- Il changeait en vin l'eau. -Ça s'est dit dans son temps.

- Il était de Judée. -Il avait douze apôtres.

- Gens grossiers. -Gens de rien. -Jaloux les uns des autres.

- Il leur lavait les pieds. -C'est curieux, le puits

De la Samaritaine, et puis le diable, et puis

L'histoire de l'aveugle et du paralytique.

- J'en doute. -Il n'aimait pas les gens tenant boutique.

- A-t-il vraiment tiré Lazare du tombeau?

- C'était un sage. -Un fou. -Son système est fort beau.

- Vrai dans la théorie et faux dans la pratique.

- Son procès est réel. Judas est authentique.

- L'honnête homme au gibet et le voleur absous!

- On voit bien clairement les prêtres là-dessous.

- Tout change. Maintenant il a pour lui les prêtres.

- Un menuisier pour père, et des rois pour ancêtres,

C'est singulier. -Non pas. Une branche descend,

Puis remonte, mais c'est toujours le même sang;

Cela n'est pas très rare en généalogie.

- Il savait qu'on voulait l'accuser de magie

Et que de son supplice on faisait les apprêts.

- Sa Madeleine était une fille. -A peu près.

- Ça ne l'empêche pas d'être sainte. -Au contraire.

- Etait-il Dieu? -Non. -Oui. -Peut-être. -On n'y croit guère.

- Tout ce qu'on dit de lui prouve un homme très doux.

- Il était beau. -Fort beau, l'air juif, pâle. -Un peu roux.

- Le certain, c'est qu'il a fait du bien sur la terre;

Un grand bien; il était bon, fraternel, austère;

Il a montré que tout, excepté l'âme, est vain;

Sans doute il n'est pas dieu, mais certe il est divin.

Il fit l'homme nouveau meilleur que l'homme antique.

- Quel malheur qu'il se soit mêlé de politique !



jeudi 5 avril 2012

Chemin de Croix

C'est la Semaine Sainte. Et voici le Triduum.
Tant de lectures et de prières bien connues... A reprendre, à redécouvrir, à méditer comme chaque année. Il y a toujours le risque de s'endormir, alors même que l'on devrait s'éveiller à l'Essentiel...
Et soudain, au hasard d'une revue feuilletée distraitement, un autre regard sur la Passion : les moulages de Virginia Maksymowicz...

Jésus est condamné à mortJésus prend sa croix

Première chuteJésus rencontre sa Mère Simon de Cyrene réquisitionnéVéronique essuie Son visageDeuxième chute
Aux femmes de JérusalemTroisième chuteJésus dépouillé de ses vêtementsCloué
MortDescendu de la croix
Déposé au tombeau
Où l'on comprend que l'on peut toujours avoir des belles suprises qui nous aident à ouvrir les yeux et le coeur...