mardi 4 février 2014

Si par une nuit d'hiver...

Ce n'est pas que la vie se mette soudain à ressembler à un roman... Non, rien de palpitant. Le quotidien, c'est tout (et ce n'est déjà pas si mal, du moment que le chauffage fonctionne).
Mais un quotidien si régulièrement marqué par des alertes météo sans suite (hazardous weather outlook et autres winter storm warning) que l'on hésite : soit on n'y croit plus, on ignore, et le jour où les écoles ouvrent effectivement deux heures plus tard à cause de la neige ou du verglas ou d'on ne sait quoi, on est surpris ; soit on reste attentif, responsable et concerné ; soit on se prend à rêver... Un beau texte... Un bon livre...
Et c'est ainsi que le roman d'Italo Calvino s'est imposé : toute la magie de la littérature, tournée en dérision alors même que le talent de l'écrivain se déploie... Une dizaine de romans commencés, une quête de cohérence menée avec un clin d'oeil ici et là, toutes les ficelles du genre étalées sous nos yeux, en grand, et pourtant, on se laisse prendre à chaque fois...

Et ce soir encore... Si par une nuit d'hiver, un voyageur...

(Merci au Grand Chêne, voyageur lui aussi ces jours-ci, qui s'est amusé à regarder cet hiver d'un autre oeil, un soir où il avait vraiment neigé...)

mardi 7 janvier 2014

De froid...

... et de sciences physiques.
Depuis sa naissance, Petit Lierre a toujours entendu ses parents commenter le temps qu'il faisait en essayant de convertir la température (donnée en degrés Fahrenheit) en degrés Celsius. La formule n'est pas simple, il faut additionner 32 à la température en Fahrenheit, puis diviser par 2, et le résultat est approximatif... Mais on y arrive. Le plus simple serait quand même de se convertir soi-même et de s'habituer à penser en Fahrenheit. Sachant que l'eau gèle à 32°F et qu'à partir de 70°F, on a bien chaud.
Mais dans certaines situations extrêmes, il n'y a plus d'habitude qui tienne : on doit en revenir aux bons vieux calculs de conversion, afin de bien appréhender la réalité météorologique.
Sinon, on peut reproduire ce que la maîtresse de Petit Lierre a fait faire à ses élèves aujourd'hui :

sur un thermomètre gradué dans les deux unités, le coloriage du niveau de liquide n'est pas absolument précis mais quand même bien bas...
Ce n'est pas le Dakota du Nord, on a de la chance, mais le chauffage qui fonctionne sans arrêt n'empêche pas la formation de glace sur les fenêtres, et on apprécie plus que jamais le chocolat chaud aux marshmallows !

mercredi 1 janvier 2014

Pour un premier janvier...

... qui commence par un petit-déjeuner gourmand et doux, on avait confié à la machine à pain le soin de faire une brioche. C'est toujours un peu aléatoire, le résultat n'est pas garanti parce que l'on oublie d'une fois sur l'autre quelle proportion de farine spéciale bread on a utilisée, et quelle cuisson on a programmée. Dans l'ensemble, le résultat obtenu est quand même agréable.
Mais cette fois, il y avait une surprise au démoulage :


Et bien sûr, ça donne des idées :


Et voilà que l'an neuf se présente avec une bonne tête :


Heureuse année 2014 à tous et à chacun !



samedi 21 décembre 2013

Attendre

- Évidemment, comme chaque année à la même époque, il faut attendre ; mais qu'est-ce que tu attends, au juste ? De nouvelles chutes de neige pour remplacer tout ce qui a déjà fondu ?

- J'attends le jour de Noël, cette joie du matin où les enfants se lèvent si tôt, de leur plein gré... Et le soir d'avant aussi, la messe de Minuit...
- ... qui n'a pas souvent lieu à minuit...
- Je sais bien, mais les petits participent mieux, et c'est quand même la veillée de Noël... Même s'il n'est que six heures du soir...
- Tu attends autre chose aussi ?
- Mille autres choses, c'est normal, c'est la saison... Et surtout j'attends quelqu'un, j'attends le retour de Mademoiselle Bee qui sera avec nous pour quelques semaines, avant de repartir en France...
- Et tu t'attends à ce que tout se passe au mieux ?
- Non, pas vraiment, je suis réaliste, enfin j'essaie... Il y aura des moments plus ou moins agréables, des tensions... C'est inévitable... Mais la joie aussi...
- Et au bout du compte, elle repartira...
- Bien sûr, c'est prévu comme ça... Et c'est tant mieux, elle a sa vie à construire !
- Tu vois, au bout de la joie, il y a toujours de la peine, des épreuves à traverser...
- Et alors, c'est une raison pour bouder la joie, pour ne pas jouer le jeu de Noël ? Je ne suis pas très optimiste de caractère, c'est vrai, mais j'apprends à goûter ce qui m'est donné... Et au-delà de toutes mes attentes, la plus profonde, la plus précieuse... J'attends ce que représente le petit Enfant de Noël... C'est une attente qui s'élargit aux dimensions de l'univers pour devenir Espérance...

(Merci Grand Chêne pour les photos.)

mardi 10 décembre 2013

Parfums de glaces...

La belle saison n'est plus qu'un souvenir, un ensemble de sensations que l'on garde vaguement en nous, tandis que l'hiver prend possession de la réalité palpable.
Au temps de la chaleur, quand on cherchait tous les moyens de se rafraîchir, les gourmandises glacées occupaient une place privilégiée dans la vie quotidienne... Sorbets de bons fruits familiers ou plus exotiques, dont la saveur évoque plutôt celle d'une fleur, crèmes à la vanille enrichies de chocolat ou de café, avec des fragments de cookie ou des copeaux de coco...
On rêve à présent d'autres choses, de tasses fumantes et de feux de cheminée.
Et les surprises glacées s'offrent sous d'autres formes :
buisson givré en bouquet de lumière


lanterne à la neige avec ses stalactites fraîches


canard glacé façon migration tardive


sapin poudré traditionnel sur lit de feuilles craquantes oubliées


Et lorsque vient le moment de sortir, mille autres parfums sautent aux narines : on s'équipe des gants moufles écharpes bonnets et autres que l'on s'est efforcé de laver, l'odeur de la lessive conservée depuis les grands nettoyages du printemps dernier règne un moment... Mais c'est pour aller pelleter la première couche de soupe avant qu'elle ne gèle que l'on s'emmitoufle, on a vite chaud... Tout cela fleure désormais un mélange d'odeurs corporelles, de produits antitranspirants, de crèmes pour les mains et le visage, de terre et d'herbe froide remuées avec la glace sale du trottoir... Et l'air froid conserve près du sol l'odeur des feux de bois du voisinage, avec les relents de gaz d'échappement des quelques voitures et des camions de salage qui s'obstinent à passer dans la rue...
Ainsi seront subsumés les parfums de glaces de l'hiver dans les relents de chien mouillé qui accompagnent ses efforts et ses joies.

jeudi 21 novembre 2013

Petit Lierre a 6 ans

C'était le 21 novembre 2007. Mademoiselle Bee et Petit Sapin devenaient soudain plus grands, et Petit Bouton d'or (sur le point d'avoir 6 ans) découvrait qu'elle n'était plus la petite... Mille grandes et profondes réflexions commençaient là, autour du berceau de plastique où reposait Petit Lierre, emmailloté bien serré dans un torchon, comme le prévoit le règlement des maternités américaines.


Pour fêter son anniversaire, Petit Lierre a apporté ce matin à l'école un petit sac contenant des objets importants pour lui, à présenter à ses copains et copines, ainsi qu'un gros gâteau au chocolat.
Un autre gâteau sera servi ce soir, pour souffler les bougies en famille, et il a choisi son menu :
- Je voudrais du poisson pané, s'il te plaît !
- Bon, très bien, tu en auras, j'en ferai cuire pour toi...
- Mais tu sais, on peut aussi en faire pour tout le monde !
Petit Lierre est généreux, il veut partager avec toute sa famille la joie de manger du poisson pané pour marquer ce jour spécial dans sa vie... Peut-être que finalement, le poisson pané (en bâtonnets surgelés) est la clé des anniversaires réussis ?

samedi 9 novembre 2013

Un peu de Camus puisqu'il a 100 ans

On célèbre (ou bien l'on s'y refuse) le centenaire du grand écrivain. On approuve (ou bien l'on critique sévèrement) ses engagements et ses convictions. On admire (généralement) son oeuvre couronnée par le prix Nobel. Ainsi perdure sa gloire d'écrivain de l'absurde.
Camus lui-même a pourtant laissé un texte clair et amusant, publié dans le recueil L'été, dans lequel il tente de se débarrasser de son étiquette :

(...) on peut essayer à l'occasion de rectifier le tir, répéter alors qu'on ne saurait être toujours un peintre de l'absurde et que personne ne peut croire à une littérature désespérée. Bien entendu, il est toujours possible d'écrire, ou d'avoir écrit, un essai sur l'absurde. (...) L'idée que tout écrivain écrit forcément sur lui-même et se peint dans ses livres est une des puérilités que le romantisme nous a léguées.(...)
Ainsi devient-on prophète de l'absurde. Qu'ai-je fait cependant d'autre que de raisonner sur une idée que j'ai trouvée dans les rues de mon temps ? Que j'aie nourri cette idée (et qu'une part de moi la nourrisse toujours), avec toute ma génération, cela va sans dire. (...) Mais il est commode d'exploiter une formule plutôt qu'une nuance. On a choisi la formule : me voilà absurde comme devant.
Qu'il est plaisant de croiser le clin d'oeil d'un grand homme...