Mais quand les flocons blancs eurent enfin cessé
D'assaillir la colline et les arbres glacés,
Le soleil épandit sur les bourgeons futurs
Diamants, éclats d'acier, paillettes de froid pur.
Tout, après la tempête, en fut transfiguré.
On respirait enfin, on osait espérer,
Puisque le mois de mars apporte le printemps
Que demain serait doux, magnifique, apaisant.
Las, il n'en sera rien, il faut attendre encor...
La neige tient les coeurs, l'hiver est le plus fort.
Du vent ou du verglas qui sait ce qu'on redoute ?
Les enfants en tout cas ne prendront pas la route
Des écoles fermées une nouvelle fois.
Mais enfin, comment font-ils, ceux qui habitent dans les états situés plus au nord ? Et les Canadiens ? Ils n'arrêtent pas de travailler pendant tout l'hiver ! Qu'est-ce qui manque, autour de Washington DC, pour que la vie continue malgré les frimas ?
lundi 3 mars 2014
Il neigeait, il neigeait toujours...
vendredi 14 février 2014
Mille tempêtes et un enterrement
Après la dernière neige de la nuit, un magnifique lever de soleil cuivré est venu promettre le dégel. C'est encore un jour sans école, parce que les routes et les parkings sont loin d'être dégagés...
Pourtant une foule d'amis a réussi à se frayer un chemin jusqu'à l'église, pour la messe d'enterrement d'un gentil monsieur mort brutalement samedi dernier après une opération pourtant réussie...
Une belle cérémonie à l'américaine, comme dans les films, avec dans un premier temps la possibilité de se recueillir devant le cercueil à demi ouvert, puis la messe elle-même et l'éloge du défunt. L'occasion de découvrir que derrière son sourire paisible, l'aimable vieil homme menait une existence très active, partagée entre sa famille et de multiples activités caritatives, en plus du catéchisme dont Petit Bouton d'or bénéficiait.
Elle en était d'ailleurs revenue un soir très surprise : "Tu te rends compte, il a osé dire que Sainte Thérèse de Lisieux est une sainte récente parce qu'elle a été canonisée en 1925 !..."
Bien sûr, pour une fillette de 12 ans, c'est loin dans le passé...
Mais Mr Phillips était né en 1929... Cela ouvre d'autres perspectives sur le monde et sur l'histoire.
Et tandis que son fils et ses amis évoquaient sa mémoire, on entendait le bruit des pelles à neige qui se hâtaient de dégager les abords de l'église... Puis le convoi est parti vers le cimetière, avec un surcroît de lenteur à cause des tas de neige glacée qui encombrent les carrefours... Déposer dans sa tombe le corps de l'être cher doublement enseveli sous la terre et sous la neige...
mardi 4 février 2014
Si par une nuit d'hiver...
Ce n'est pas que la vie se mette soudain à ressembler à un roman... Non, rien de palpitant. Le quotidien, c'est tout (et ce n'est déjà pas si mal, du moment que le chauffage fonctionne).
Mais un quotidien si régulièrement marqué par des alertes météo sans suite (hazardous weather outlook et autres winter storm warning) que l'on hésite : soit on n'y croit plus, on ignore, et le jour où les écoles ouvrent effectivement deux heures plus tard à cause de la neige ou du verglas ou d'on ne sait quoi, on est surpris ; soit on reste attentif, responsable et concerné ; soit on se prend à rêver... Un beau texte... Un bon livre...
Et c'est ainsi que le roman d'Italo Calvino s'est imposé : toute la magie de la littérature, tournée en dérision alors même que le talent de l'écrivain se déploie... Une dizaine de romans commencés, une quête de cohérence menée avec un clin d'oeil ici et là, toutes les ficelles du genre étalées sous nos yeux, en grand, et pourtant, on se laisse prendre à chaque fois...
Et ce soir encore... Si par une nuit d'hiver, un voyageur...
(Merci au Grand Chêne, voyageur lui aussi ces jours-ci, qui s'est amusé à regarder cet hiver d'un autre oeil, un soir où il avait vraiment neigé...)
mardi 7 janvier 2014
De froid...
... et de sciences physiques.
Depuis sa naissance, Petit Lierre a toujours entendu ses parents commenter le temps qu'il faisait en essayant de convertir la température (donnée en degrés Fahrenheit) en degrés Celsius. La formule n'est pas simple, il faut additionner 32 à la température en Fahrenheit, puis diviser par 2, et le résultat est approximatif... Mais on y arrive. Le plus simple serait quand même de se convertir soi-même et de s'habituer à penser en Fahrenheit. Sachant que l'eau gèle à 32°F et qu'à partir de 70°F, on a bien chaud.
Mais dans certaines situations extrêmes, il n'y a plus d'habitude qui tienne : on doit en revenir aux bons vieux calculs de conversion, afin de bien appréhender la réalité météorologique.
Sinon, on peut reproduire ce que la maîtresse de Petit Lierre a fait faire à ses élèves aujourd'hui :
Ce n'est pas le Dakota du Nord, on a de la chance, mais le chauffage qui fonctionne sans arrêt n'empêche pas la formation de glace sur les fenêtres, et on apprécie plus que jamais le chocolat chaud aux marshmallows !
mercredi 1 janvier 2014
Pour un premier janvier...
... qui commence par un petit-déjeuner gourmand et doux, on avait confié à la machine à pain le soin de faire une brioche. C'est toujours un peu aléatoire, le résultat n'est pas garanti parce que l'on oublie d'une fois sur l'autre quelle proportion de farine spéciale bread on a utilisée, et quelle cuisson on a programmée. Dans l'ensemble, le résultat obtenu est quand même agréable.
Mais cette fois, il y avait une surprise au démoulage :
Et bien sûr, ça donne des idées :
Et voilà que l'an neuf se présente avec une bonne tête :
Heureuse année 2014 à tous et à chacun !
samedi 21 décembre 2013
Attendre
- Évidemment, comme chaque année à la même époque, il faut attendre ; mais qu'est-ce que tu attends, au juste ? De nouvelles chutes de neige pour remplacer tout ce qui a déjà fondu ?
- ... qui n'a pas souvent lieu à minuit...
- Je sais bien, mais les petits participent mieux, et c'est quand même la veillée de Noël... Même s'il n'est que six heures du soir...
- Tu attends autre chose aussi ?
- Mille autres choses, c'est normal, c'est la saison... Et surtout j'attends quelqu'un, j'attends le retour de Mademoiselle Bee qui sera avec nous pour quelques semaines, avant de repartir en France...
- Et tu t'attends à ce que tout se passe au mieux ?
- Non, pas vraiment, je suis réaliste, enfin j'essaie... Il y aura des moments plus ou moins agréables, des tensions... C'est inévitable... Mais la joie aussi...
- Et au bout du compte, elle repartira...
- Bien sûr, c'est prévu comme ça... Et c'est tant mieux, elle a sa vie à construire !
- Tu vois, au bout de la joie, il y a toujours de la peine, des épreuves à traverser...
- Et alors, c'est une raison pour bouder la joie, pour ne pas jouer le jeu de Noël ? Je ne suis pas très optimiste de caractère, c'est vrai, mais j'apprends à goûter ce qui m'est donné... Et au-delà de toutes mes attentes, la plus profonde, la plus précieuse... J'attends ce que représente le petit Enfant de Noël... C'est une attente qui s'élargit aux dimensions de l'univers pour devenir Espérance...
(Merci Grand Chêne pour les photos.)
mardi 10 décembre 2013
Parfums de glaces...
La belle saison n'est plus qu'un souvenir, un ensemble de sensations que l'on garde vaguement en nous, tandis que l'hiver prend possession de la réalité palpable.
Au temps de la chaleur, quand on cherchait tous les moyens de se rafraîchir, les gourmandises glacées occupaient une place privilégiée dans la vie quotidienne... Sorbets de bons fruits familiers ou plus exotiques, dont la saveur évoque plutôt celle d'une fleur, crèmes à la vanille enrichies de chocolat ou de café, avec des fragments de cookie ou des copeaux de coco...
On rêve à présent d'autres choses, de tasses fumantes et de feux de cheminée.
Et les surprises glacées s'offrent sous d'autres formes :
buisson givré en bouquet de lumière
lanterne à la neige avec ses stalactites fraîches
canard glacé façon migration tardive
sapin poudré traditionnel sur lit de feuilles craquantes oubliées
Et lorsque vient le moment de sortir, mille autres parfums sautent aux narines : on s'équipe des gants moufles écharpes bonnets et autres que l'on s'est efforcé de laver, l'odeur de la lessive conservée depuis les grands nettoyages du printemps dernier règne un moment... Mais c'est pour aller pelleter la première couche de soupe avant qu'elle ne gèle que l'on s'emmitoufle, on a vite chaud... Tout cela fleure désormais un mélange d'odeurs corporelles, de produits antitranspirants, de crèmes pour les mains et le visage, de terre et d'herbe froide remuées avec la glace sale du trottoir... Et l'air froid conserve près du sol l'odeur des feux de bois du voisinage, avec les relents de gaz d'échappement des quelques voitures et des camions de salage qui s'obstinent à passer dans la rue...
Ainsi seront subsumés les parfums de glaces de l'hiver dans les relents de chien mouillé qui accompagnent ses efforts et ses joies.


