... ce n'est pas que l'on soit fâché de le voir se terminer, ce mois de reprise si intense, mais enfin quel tourbillon...
Myosotis est redevenue professeur, c'est à la fois très agréable (des élèves en or, peu nombreux et aimables) et très exigeant (même avec beaucoup d'amour pour la littérature, il faut bien des heures de préparation pour une seule séance). Le Grand Chêne continue à travailler en donnant le meilleur de lui-même (c'est bien connu, le bois, ça travaille). Mademoiselle Bee est bien partie, Petit Sapin est armé d'excellentes résolutions, Petit Bouton d'or y va avec le sourire, Petit Lierre se plaît chez sa nounou...
Et jour après jour, les choses s'enchaînent, et l'on à peine le temps de respirer, de réfléchir, de rêver...
Un rêve du moment ? Trouver un abri, un havre de paix, un espace protégé de tout ce qui blesse ou menace...
On pense un peu à ça
(et pas seulement au photographe séduisant qui les a immortalisés) et de fil en aiguille, on repense à ça
(Merci Oncle Mike pour la photo)
C'est drôle, le même genre de toit pour préserver un pont des rigueurs de l'hiver ou pour protéger les petites cuisses dodues de la brûlure du toboggan surchauffé par le soleil de l'été. Un petit toit, un petit coin protégé, comme ça, en passant...
dimanche 27 septembre 2009
Déjà la fin septembre...
lundi 7 septembre 2009
Retour
Myosotis revient de loin. Dans tous les sens du terme.
D'abord, il y a eu un long voyage avec tout le petit jardin en camping-car, très loin, trois semaines sur les routes du Far West (merci Peter pour la photo !)
On y a vu des merveilles de toute sorte, auxquelles on s'attendait parfois et parfois pas du tout : à quoi joue le Créateur ? On est poussé à se poser la question devant certains spectacles naturels... Et en plus ça sent bizarre...
Il y a eu aussi des moments magiques, comme ce voyage au XIXe siècle, le temps de visiter la maison occupée par Laura Ingalls et sa famille pendant le Grand Hiver à De Smet, South Dakota...
Ou la rencontre des quatre présidents choisis pour l'immortalité à Mount Rushmore
Trois semaines d'aventures jusqu'à San Francisco, 2800 miles au volant pour le Grand Chêne qui avait préparé le voyage depuis des mois et qui corrigeait sans cesse le programme pour en améliorer les aspects pratiques... C'est que Petit Lierre n'avait pas toujours envie de rester sagement assis dans son fauteuil, tandis que Petit Sapin et Petit Bouton d'or s'occupaient en jouant !
Quant à Mademoiselle Bee, elle profitait de la chance d'être en convoi avec un second camping-car pour choisir de voyager avec ses parents ou ses grands-parents, selon l'humeur... Et l'on se retrouvait à la faveur d'une pause pour admirer ensembleou bien pour s'amuser un peu
Et au fil des jours de route, Myosotis faisait lentement un autre voyage intérieur pour sortir d'une immense lassitude... Tout en se préparant à retrouver des élèves dans un cadre scolaire privilégié... Il faut exhumer pour cela des souvenirs enfouis depuis huit ans... Et s'assurer que l'on n'a pas perdu tout son latin...
Enfin nous y sommes, à ce mois de septembre. Mais après ces semaines étonnantes, plus rien ne devrait jamais être comme avant...
dimanche 19 juillet 2009
Et voilà...
L'été n'est pas si simple, on s'en doutait. Le repos scolaire n'est pas le repos tout court, ni pour le Grand Chêne toujours au travail, ni pour Myosotis qui continue sa tâche au fil des jours, ni pour le petit jardin dont chaque membre invente ses propres moyens de décaler l'heure du coucher, l'heure des repas et surtout l'heure du lever... A l'exception de Petit Lierre, imperturbable lève-tôt.
Mais ils sont gentils, si gentils... Ils comprennent la fatigue, ils veulent bien rendre service... Et puis le Grand Chêne avec son billet doux d'anniversaire... (Myosotis sait maintenant à quoi sert le code de connexion d'un blog : c'est pour en contrôler l'accès... Mais ce code si difficile à mémoriser, c'est le Grand Chêne lui-même qui l'a composé !)
Alors les jours passent, doucement. Et au hasard d'une relecture des Nouvelles Orientales de Yourcenar, il y avait le nom d'une amante fidèle, si triste mais si belle dans sa constance. Myosotis a ramassé ce nom comme un pétal sur le gravier : c'est la Dame-du-village-des-fleurs-qui-tombent.
On fait beaucoup de bruit (hihi !) au sujet de la chute des feuilles... Mais quand un calice alourdi cède soudain ses pétales à la terre, quand la gloire de la plante s'effondre en libérant la branche soudain plus légère de son poids de beauté, quand avant même d'être fanée la fleur gît sur le sol... C'est autre chose alors. C'est plus intime peut-être, plus déchirant aussi. Une merveille faite pour le ciel qui se fracasse en silence...
A moins que, pour une fête, on n'ait voulu une pluie de fleurs pour le plaisir des yeux ? Un tapis éphémère mais inimitable pour honorer un hôte de marque ? Yourcenar n'explique pas ce qui se passait dans le village de la Dame... Il reste simplement son nom. Et Myosotis dont la tête ne se dresse pas bien haut en ce moment se plaît à rêver en le répétant...
La Dame-du-village-des-fleurs-qui-tombent...
jeudi 9 juillet 2009
Noces de...
Puisque j’ai mis mes lèvres à ta coupe encore pleine,
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli;
[…]
Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le Cœur mystérieux;
[...]
Te souviens-tu, Myosotis? Il y a 15 ans aujourd’hui nous nous mariions. Quelle aventure ! Tu m’avais séduit par le pétillant si pur de tes yeux, la douceur de ton visage, ton esprit si vif et ton cœur si pur…
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le grand Poète m’avait bien aidé à te dire mon amour. Après 15 ans nous avons bien changé. La route est sinueuse mais je ne peux l’imaginer sans toi. Tu es toujours aussi belle, Myosotis, et si douce à mes côtés. Pour un jour je t’emprunte ce blog que je suis si heureux de te voir écrire. Tes lectures se sont élargies, tes espaces agrandis, alors à mon tour je puise à nouveau à plus grand que moi pour te redire mon amour…
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa
chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois
dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Grand Chêne
mercredi 1 juillet 2009
Color Purple
C'est comme une porte qui s'ouvre soudain sur un immense espace : il reste à voir le film (peut-être nettement plus dur...), à lire le livre en anglais (du courage, le parler particulier des personnages n'empêche certainement pas de les comprendre...) et tant de choses à découvrir dans cette histoire pleine de richesses
Hier au soir, cadeau d'une gentille amie juste avant son retour en France, Myosotis est allée assister à la première de la comédie musicale installée pour quelques semaines au Kennedy Center, dans la grande salle rouge pleine d'Africains-Américains en tenue de soirée. Ils connaissaient par coeur les répliques (et ajoutaient leurs commentaires au passage), acclamaient la chanteuse dans ses morceaux de bravoure et réagissaient comme un seul homme quand l'émotion explosait (du rire aux larmes, sans aucune modération). Et l'on sentait que ce public faisait partie du spectacle, qui se déroulait à la fois sur la scène et dans la salle...
La vie des descendants des esclaves ; les liens entre ces déracinés et l'Afrique ; les missionnaires, leurs joies, leurs combats et leurs misères ; le bien et le mal dans le coeur des humains ; l'amour, la haine, la fidélité ; la fraternité, le couple, la famille ; le péché, la foi et la souffrance ; la beauté de la création ; le bonheur d'écrire ; la douleur de l'absence... Il ne manque rien dans Color Purple.
Pas même la place pour une petite fleur qui tremblait en écoutant l'héroïne enfin révélée à elle-même chanter de toutes ses forces (et Dieu sait qu'elle en a )
I'm beautiful... I'm beautiful and I'm here !
dimanche 21 juin 2009
Dans le vent
Un vent irrégulier mais doux s'est levé, voilà une pause entre les averses passées et prévues. Sous le ciel presque bleu les branches ont séché
et l'on peut jardiner (tailler, couper, ramasser) avec l'aide active de Petit Lierre qui acclame (de loin) la tondeuse et suit (de près) les mouvements du balai ou du rateau.
Quand tout ce que l'on projetait depuis des jours est fini, le Grand Chêne profite également de l'accalmie pour partir faire son jogging. En embarquant un petit passager ravi : bien couvert (lui ne bougera pas beaucoup), Petit Lierre se trouve pour un bon moment dans le vent, c'est-à-dire en plein air et comme ces heureux petits dont les parents continuent en famille leurs activités sportives... Merci Grand Chêne !
jeudi 18 juin 2009
Une brave bête
Il y a de la joie : tout le petit jardin sera en vacances demain (à l'exception du Grand Chêne pour un moment encore...). Mais il est une chose qui ne change pas : il pleut.
Des averses orageuses, drues, interminables, accompagnées d'une chaleur lourde. Sous les nuages gris qui laissent quand même percer des moments de lumière argentée, l'humidité sature l'air extérieur et il faut apprivoiser cette sensation de prendre son tour dans une salle de bain embuée quand on s'aventure dehors... Chaque nouvelle averse paraît redondante : encore et encore, et la terre ne boit plus, et les jardins ressemblent à des rizières, et les caniveaux charrient toute sorte de débris jusqu'au milieu des rues.
Les plus heureux sont les écureuils gris : Myosotis les croyait amateurs de temps sec sous prétexte qu'ils aiment les fruits secs (on se fait parfois des idées comme ça...) mais ils sautillent nombreux sur les pelouses trempées, se poursuivent parmi les branchages mouillés et jouent le long des grands arbres aux troncs luisants...
De leur côté, les oiseaux font montre d'un beau courage et chantent quand même, plus fort pendant les accalmies, sans cesser leur va-et-vient pour nourrir les petits qui restent bien à l'abri.
Dans la nouvelle maison, Myosotis a guetté tout signe d'inondation (la précédente maison et sa pompe capricieuse ont constitué une leçon utile). Rien jusqu'à présent... Mais à force, une bonne quantité d'eau s'est infiltrée au sous-sol, du côté de la rue, là où Petit Sapin avait justement fait remarquer que l'eau formait une vraie piscine dans le jardin. Il a donc fallu éponger un peu... Mais juste un peu, grâce à un renfort inattendu : Pouet-Pouet, le brave vieil éléphant recueilli un beau soir, sur un trottoir de Joinville-le-Pont, par le cher petit Graptor qui rentrait du cinéma ! Pouet-Pouet (aussitôt baptisé par Mademoiselle Bee) qui était un peu troué et qui avait perdu ses yeux... On l'a lavé, reprisé autant que possible, on lui a redonné la vue à l'aide de deux gros boutons et on l'a emmené en quittant la France (c'est mal d'abandonner un animal une fois qu'on l'a adopté)... La brave bête, posée au sous-sol à l'endroit précis où l'eau s'est infiltrée, a absorbé l'essentiel avec son énorme trompe ! Il n'y a plus maintenant qu'à attendre que tout ça s'égoutte dans une cuvette, près du déshumidificateur qui complète le travail... Décidément, un bienfait n'est jamais perdu, et on a souvent besoin d'un beaucoup plus gros que soi...