mercredi 26 novembre 2014

Première neige

Les flocons gros comme des plumes tombent serrés sur le jardin déjà trempé de pluie.


Il y a deux jours, il faisait si chaud que les enfants couraient dehors en tee-shirt...
Et maintenant voilà, c'est quand même novembre.
Rien de bien grave ici, nous sommes trop au sud, il ne sera pas nécessaire d'aller déblayer le toit pour éviter qu'il ne s'effondre.
Mais demain, les Américains célèbrent Thanksgiving, c'est leur grande fête annuelle et ils font des heures d'avion ou de voiture pour aller manger la dinde en famille. Pas de chance, une winter storm au moment de prendre la route...

dimanche 26 octobre 2014

Le mois le plus long ?

Depuis le tout début, ce mois d'octobre voit se succéder de gros soucis, des difficultés qu'il faut affronter jour après jour et qui semblent plus pénibles que d'habitude.
Le poids du temps qui passe ?
En tout cas, on se retrouve souvent penché sur le calendrier, pour organiser, essayer de concilier ceci avec cela, le coeur lourd et le front soucieux, et l'on s'applique à respirer à fond, en revenant à cette idée simple (mais réconfortante) : No matter how difficult is Monday, there will be a Tuesday.
Et voilà que Petit Bouton d'or, devenue à son tour très soucieuse, vient soudain expliquer qu'elle doit absolument avoir fait 3 heures de Student Service Learning (= bénévolat) avant la fin du mois !
Ces heures de SSL, on sait qu'elle devra en avoir effectué 75 pour valider son High School diploma. Tout ça semble encore lointain, mais là, maintenant, il en faut 3 ? Tu es sûre ? Et comme tu n'as pas encore 13 ans, il faut absolument un parent avec toi ?
Bon. Trouver des adresses d'associations agréées. Trouver un moment dans l'emploi du temps pour y caser 3 heures de bénévolat, et que ça coincide avec les heures d'ouverture. Et que ça convienne à la demoiselle...
Pour commencer, une heure de tri et rangement dans un centre qui redistribue les dons de vêtements et autres objets. Vendredi soir, après les cours et juste avant le dernier match de football américain de la saison, pendant lequel Petit Sapin et Petit Bouton d'or doivent jouer tous les deux (exceptionnellement) dans le marching band.
Ensuite, deux heures de ramassage de déchets en équipes autour d'un bassin de collecte des eaux de pluie. Dimanche matin, entre 10h00 et midi. Dans le soleil automnal, ce n'est pas si désagréable, après tout...
Voilà déjà 3 heures effectuées. Papiers signés, à rendre demain au bureau qui les comptabilise.
Une bonne chose de faite.
Bien meilleure encore qu'on ne pensait...
Parce que malgré le poids des soucis de toute sorte, après ces heures de SSL, il y a quelques sacs de vêtements qui ont été triés, et quelques sacs de détritus retirés de l'eau et des abords du bassin... Une goutte d'eau dans l'océan ? Pourtant, si elle n'y était pas, elle manquerait...


mercredi 1 octobre 2014

Un tout petit deuil

Pas très lourd, c'est vrai...
Une petite présence qui n'est plus là...
De petits bruits qui résonnaient dans la maison...
Des rires et des moments de complicité autour d'une boule de poils qui préférait rester tranquille dans sa cage...
Des habitudes toutes simples qui donnaient au quotidien un goût de foin...
Tout ce que les animaux familiers ajoutent à notre vie d'indispensable superflu, les soins qui nous les rendent si proches, les gestes pour s'apprivoiser, l'irréductible sentiment d'altérité et pourtant la tendresse...
C'est fini.
Adieu Gloria... et merci.


dimanche 14 septembre 2014

C'était août...

L'été s'en est allé. Et sans même attendre septembre, tout le petit jardin a repris ses activités scolaires et autres : Mademoiselle Bee en 2e année (loin au Havre), Petit Sapin en dernière année de lycée (américain), Petit Bouton d'or au milieu de ses années de collège (américain), Petit Lierre au début du primaire (américain), tandis que Myosotis retrouve des élèves (francophones) et le Grand Chêne des collègues (du monde entier)... Tout suit son cours et va lentement vers l'automne.
 Il n'est pourtant pas possible de ranger cet été trop vite au rayon des souvenirs : c'était le 20e anniversaire de mariage de Myosotis et du Grand Chêne... Pour fêter ça, ils ont voulu choisir une destination de vacances vraiment spéciale...
C'est ansi que le petit jardin au complet s'est retrouvé à Los Angeles !
On courait un peu après un rêve, ça passe rarement l'épreuve de la réalité : les plages étaient froides et la ville interminable offrait bien des décors grisâtres (c'est une ville...)


MAIS on a vu des palmiers


les grands lettres blanches sur la colline


des autoroutes si larges qu'on avait du mal à compter toutes les voies

 
des lieux dont parlent les gazettes du monde


et avec la foule qui arpente sans cesse Hollywood Boulevard, on a compté les étoiles







sans oublier leurs empreintes...



Et dans les premiers frimas, il reste un peu de cette poussière d'étoiles qui brille au coin des yeux... De quoi entretenir la magie, qui ne demande qu'à se réveiller à l'occasion d'un bon film au coin du feu.
De quoi philosopher aussi...


lundi 30 juin 2014

Pour de vrai...

On sait bien que l'amour de la littérature (la grande, celle qui traverse les siècles) n'exclut pas celui de la moins grande. Il est des livres que l'on prend comme ça, pour voir, sans y penser, et que l'on ne lâche pas. Ils ne changeront pas notre regard sur le monde, ils ne bouleverseront pas notre existence... On les lit pour le plaisir et on y revient, pour le plaisir encore. Un peu comme on aime à revenir dans un petit restaurant à l'ambiance feutrée, dont chaque table est ornée d'une bougie et de quelques fleurs naturelles...
Et si c'était vrai, le premier livre de Marc Lévy, fait partie de ces lectures magiques et douces, précieuses dans la bibliothèque de Myosotis.
Si bien que le jour où l'Alliance française, prestigieuse institution culturelle au coeur de Washington DC, organise une rencontre avec l'auteur, on réfléchit à deux fois avant de trancher... Une heure de métro pour aller jusque là-bas ? Mais qui pour garder le Petit Jardin pendant ce temps-là ? Petit Sapin encore sollicité ? L'enjeu en vaut-il la chandelle ?
Et cette rencontre était organisée à l'occasion de la parution du dernier roman de l'auteur traduit en anglais, Si c'était à refaire, habilement intitulé Replay dans la version destinée à conquérir le public américain... Le Grand Chêne plein de bonnes intentions l'avait rapporté de France mais Myosotis avait été traumatisée par cette lecture (trop de détails atroces sur certaines réalités historiques abordées...).
Toutes les hésitations pourtant ont été balayées et Myosotis est allée écouter Marc Lévy présenter son livre et parler de son travail d'écrivain. Cet auteur aux millions de livres vendus donne l'impression d'une grande simplicité et se débrouille avec un anglais très moyen, c'est réconfortant.


Enfin, au moment des dédicaces, tandis que tous les participants s'avançaient avec la belle édition toute neuve (en anglais) de son dernier titre, il a signé avec un grand sourire l'édition de poche de son premier succès que Myosotis conserve depuis 14 ans.
C'est ainsi que la gentillesse de Lysiane (qui avait offert le petit volume à sa belle-fille emballée) a trouvé un écho inattendu dans celle de l'auteur lui-même.
Joli effet de douceur dans ce monde cruel.

dimanche 22 juin 2014

Un peu au-dessus

Pour un tas de raisons variées, le mois de mai n'a été ni joli, ni doux, ni agréable. On a vu arriver juin sans regret.
De ce mois passé, il restait pourtant le beau cadeau d'anniversaire imaginé par le Grand Chêne pour Myosotis incrédule : une promenade en montgolfière !
Mais le temps n'avait pas permis de la faire, cette promenade. De semaine en semaine, le Grand Chêne avait attendu le verdict du pilote, qui devait à chaque fois se rendre à l'évidence : trop de vent, une vilaine perturbation installée trop près, des conditions de sécurité pas remplies... Alors on patientait, en savourant par anticipation. Et un beau jour de juin (ou plutôt un soir, puisque c'est tôt le matin ou en fin d'après-midi que l'on peut utiliser ce moyen de transport), enfin, le pilote a déclaré que c'était le bon moment...

Deux ballons devaient être lancés, on a ainsi pu profiter du spectacle du premier départ, depuis les préparatifs (dans le jardin de braves gens très contents du spectacle)...







... jusqu'à l'envol si simple et silencieux (quand les brûleurs se taisent)...



 "Notre" ballon était décoré d'étoiles blanches, avec un "smiley face" au centre, visible une fois le voyage commencé...

 C'était un enchantement de voler au-dessus de la campagne boisée, au nord de Washington DC, et le fait de voir voler un autre ballon donnait encore plus de charme au paysage...
 On ne se lassait pas de voir défiler les champs, les maisons, les fermes (dont les chiens manifestaient bruyamment leur surprise, tandis que des voitures s'arrêtaient au bord de petites routes pour photographier les montgolfières...)


De là-haut, tout semble propre et net...



 Pourtant, au bout d'un moment qui ne peut que sembler court, il fallait bien redescendre...
Le pilote a demandé l'autorisation de se poser (dans un champ fraîchement fauché) à un fermier qui a accepté très gentiment, mais il avait aussi des volailles et des chèvres qui n'ont pas apprécié du tout. Au lieu de venir partager avec les intrus le traditionnel verre de jus de pomme final (il paraît que les frères Montgolfier avaient pris cette habitude pour amadouer les paysans français lors de leurs premières expériences, parfois mal accueillies...), le fermier s'est donc enfermé avec ses bêtes pour les câliner une à une...
Pendant ce temps, les intrus avaient rangé le matériel. Panier compris, tout tient dans une modeste remorque. Il est bien sûr très important de bien replier l'immense toile, qu'il faut ensuite tasser dans son grand sac...

(De ce cadeau merveilleux, Myosotis retient aussi que, par comparaison, plier une housse de couette n'est pas si difficile.)




dimanche 25 mai 2014

Un vrai chantier

Peut-être inspiré par les catastrophes d'alentour, on a soudain décidé de prendre soin de la maison... Home, sweet home, bien sûr... Et comme l'entrepreneur était prêt à commencer tout de suite, hé bien, c'est parti... On refait la family room (sorte de salon-pièce à vivre dont on n'osait même pas rêver quand on vivait à Paris).
Avant, ça ressemblait à ça (une fois vide de toutes les étagères et de leur contenu, ainsi que de la télé qui permet les séances de jeux vidéo) :


Pendant, c'est devenu ça : (les murs n'étaient pas isolés du tout, à part la couche de peinture noire qui devait limiter l'humidité, peut-être)





 Comme c'est drôle de découvrir d'en haut le contenu du placard du sous-sol !


L'entrepreneur, déjà bien connu depuis qu'il a refait la cuisine et la salle à manger, n'est pas homme à laisser traîner les choses. Il s'entoure généralement d'équipes compétentes et efficaces. Sauf quand il y a une erreur...
L'erreur a malheureusement porté sur le parquet : au lieu du bois clair commandé, on s'est retrouvé avec un (très) beau parquet de bois sombre, un peu rouge. Rien à voir avec le reste des boiseries prévues. Rien à voir avec l'échantillon choisi auparavant. Et seule face à l'équipe de gros durs pas contents, Myosotis a dû agir : signaler l'erreur, appeler l'entrepreneur puis faire face au patron de l'entreprise de sols et parquets, pas content ; encore moins content quand l'entrepreneur est arrivé. Deux hommes de métier qui se disputent en anglais, ça fait de l'effet...
En tout cas, impossible de défaire ce qui avait été posé. La décision : poncer le parquet tout neuf et le revernir en "natural". La conséquence ? Deux jours de plus sans possibilité de marcher sur le sol en travaux...
Mais surtout, surtout, la présence de cette équipe de gros durs, pas contents.
Alors pour être gentille, Myosotis (qui sortait faire des courses après avoir préparé le dessert de dimanche) leur a précisé qu'ils pouvaient utiliser la cuisine pour prendre leur repas, au lieu de manger sur le pouce, dans un coin... Ils ont utilisé la cuisine. Sans hésiter. Et ils ont mangé les deux tartes à la rhubarbe qui sortaient du four et qui ne leur étaient pas destinées !
Peu après, devant la stupéfaction de la mère de famille affrontée à cette situation inédite, l'entrepreneur venu contrôler le chantier (en cuir et santiags, sa grosse Harley Davidson garée devant la maison) n'a pu que constater le méfait. En concluant que les gros durs ponceurs de parquet, dont le travail est loin d'être satisfaisant, sont aussi des rhubarb pirates.
Soit. Mais de pirates en rouleur de mécanique en santiags sur Harley Davidson, au fil des semaines, l'enthousiasme du début décroît sensiblement. On avait parlé de chantier. Pas d'un bazar peuplé de mangeurs de tartes à la rhubarbe qui s'acquittent mal de leur tâche...
Pourtant, restons calme. Peu à peu, ça devient joli, malgré tout :


Et pour fêter ça, une nouvelle tarte à la rhubarbe a été confectionnée et mangée par ses légitimes destinataires. Non mais.