jeudi 14 juillet 2016

Quand la fête devient deuil national...

après un moment d'incrédulité et de révolte, les mots du poète (formulés pour évoquer un autre désastre) sonnent juste comme il faut...

Saccagé le jardin des fiançailles en un soir soudain de tornade
Fauchés les lilas blancs, fané le parfum des muguets
(...)
Un cri de désastre a traversé de part en part le pays frais des vins et des chansons
Comme un glaive de foudre dans son coeur, du Levant au Ponant.
Léopold Sédar Senghor

vendredi 24 juin 2016

philosophie

On ne peut être heureux quand on ne vit que pour soi, quand on rapporte tout à son propre intérêt.
On ne vit vraiment pour soi qu'en vivant pour un autre.
Sénèque, Lettres à Lucilius.

Une liaison mutuelle entre les hommes est une exigence naturelle. Un homme, parce qu'il est un homme, ne doit pas être un étranger pour un autre homme... Nous sommes destinés par la Nature à former des groupes, des assemblées, des cités.
 Cicéron, Des biens et des maux.

mardi 31 mai 2016

Fin d'années

Avec toute sorte de soucis plus ou moins gros, les mois ont passé.
Le Grand Chêne travaille toujours autant, en regrettant toujours que ses journées ne contiennent que 24 heures.
Mademoiselle Bee se lasse du Japon parce qu'elle a d'autres projets, tout en reconnaissant déjà que Tokyo lui manquera.
Moyen Sapin, en vacances depuis un mois, rattrape les longs moments où il a été privé de sa PS4, en y consacrant des journées entières.
Petit Bouton d'or vit ses dernières semaines au collège, puisque le lycée américain commence dès la classe de 3e. Au lieu de quitter la maison en prenant à gauche, l'année prochaine elle partira vers la droite. Mais il y aura d'autres changements...
Petit Lierre sait bien qu'il va quitter sa classe et sa maîtresse, mais il est serein puisqu'il va rester dans la même école, avec les mêmes copains. Et il vient de choisir son premier casque de base-ball, alors tout va bien.
Myosotis termine une année de transition au lycée français (2e expérience...), avec peu d'heures de cours hebdomadaires, beaucoup de réflexion et une grande prudence. Les changements qui affectent  le métier donnent à penser : réforme du collège, enterrement des Lettres Classiques, généralisation des outils informatiques... Tout ça ressemble à l'érosion, on n'y peut rien et il faut vivre avec, en s'efforçant de préserver le meilleur.
Et la passion de ranger les livres et les papiers permet des découvertes étonnantes : dans un placard jamais ouvert, près d'une mine de dictionnaires de thème latin en sédimentation, Myosotis a trouvé les derniers cahiers de textes utilisés dans l'établissement, pendant l'année scolaire 2008-2009...
Qui se souvient de ce cahier encombrant, essentiel si un inspecteur survenait ?
Les élèves devaient pouvoir y trouver ce qu'ils avaient manqué en cas d'absence, mais recourir à un camarade était plus sûr... Le cahier de textes était confié chaque semaine à un responsable qui se voyait puni s'il l'oubliait et qui devait attendre (pour quitter la salle) que le prof ait fini d'y griffonner à la hâte les activités du jour... Il fallait passer le prendre le matin et le remettre chaque soir (avec soin) dans le casier prévu à cet effet, non loin du secrétariat...
Et voilà, les derniers ont attendu 8 ans d'être envoyés au recyclage.
Mais on avait prévu des exemplaires supplémentaires, et il en reste encore quelques uns (qui datent de plusieurs livraisons différentes)


Des reliques... Absolument obsolètes... Ils serviront de brouillon, peut-être ?...



La révolution informatique est passée par là aussi. Jusqu'où ira-t-elle ?

mardi 22 mars 2016

Semaine Sainte

Après les complications de l'hiver, le printemps devrait être là et en tout cas Pâques est au bout de la semaine.
Mais alors que l'on s'attendait à vivre quelques jours un peu frais, avec les longues soirées consacrées aux offices du Triduum, ce matin tout s'est encore enflammé dans la haine et le sang...
Et avec ses élèves latinistes, quand Myosotis a lu :

Horum omnium fortissimi sunt Belgae...
De tous ces peuples, les Belges sont les plus braves...
Les mots de Jules César ont résonné au-delà du plaisant souvenir d'Astérix chez les Belges.
Les peuples d'Europe sont frappés les uns après les autres.
Iront-ils enfin chercher des ressources dans leurs racines communes ?
Iront-ils enfin puiser dans l'Espérance qui a façonné leur identité ?
Comme il est long, le chemin vers Pâques...


mardi 26 janvier 2016

Après le blizzard

Les écoles demeurent fermées, d'aimables voisins ont prêté main forte pour dégager le trottoir et le drive-way, des amis sont venus emmener Petit Lierre faire de la luge sur la colline.
Il reste suffisamment de réserves pour ne pas avoir besoin d'affronter tout de suite des conditions de circulation (et de stationnement) incertaines.
On a encore du bois pour la cheminée (et d'ailleurs il n'y a pas eu de coupure de courant).
Si le Grand Chêne n'était pas resté malgré lui en Europe, ce serait parfait !
Et le deuxième jour, quand le soleil s'est levé, le décor était beau comme une carte postale.


Le vent n'a pas soufflé trop fort, juste assez pour sculpter des congères aux allures de dunes.


Il reste à souhaiter que tout ne tombe pas du toit en même temps si quelqu'un vient à fermer la porte un peu vigoureusement...


mercredi 20 janvier 2016

Quand les impressions demeurent

En avril dernier, par chance et avec l'accord du Grand Chêne resté à la maison, Myosotis a passé un (long) moment dans une exposition d'art contemporain.
Ce n'était pas n'importe quel artiste, mais un peintre recommandé par une amie peintre elle-même. Ses oeuvres sont de vrais tableaux (avec tout le travail que cela suppose). Et les impressions ressenties face à ces oeuvres originales ne se sont pas estompées avec le temps...

Glen Kessler est américain et il a peint entre autres choses des CircuitScapes. Scapes, c'est pour "paysages". Mais circuit ?
Ce sont des circuits imprimés qui ont perdu leur fonction première, pour devenir des paysages urbains qui n'en sont pas vraiment. Glenn n'est pas le seul à avoir eu cette idée...


Les éléments que l'on trouve dans un ordinateur ont été photographiés, agrandis, retouchés...


Puis sont devenus décors, perspectives sur un monde artificiel qui ressemble au nôtre à s'y méprendre.






On y voit des ports, des avenues, des gratte-ciels...


Des usines et des hangars avec leurs réverbères luisants sous le ciel sombre...


Mais dans ce monde sans arbre ni oiseau, net et géométrique, la vie et la beauté existent pourtant par la grâce d'un regard. Et le jour se lève...


Et le talent de l'artiste a fait de ces objets sans grâce un lieu où je me prends à chercher ma place parmi les reflets et les ombres...

mardi 5 janvier 2016

Pour cette nouvelle année

Un peu de sagesse zaïroise :


Un seul arbre fait beaucoup de bruit en tombant
mais la forêt qui pousse
nul ne l'entend.


Que 2016 s'enracine dans le meilleur, quel que soit le bruit du reste autour de vous...