dimanche 19 juillet 2015

Il vient d'avoir 18 ans...

D'un anniversaire l'autre, les semaines passent vite et l'on se souvient que notre Jeune Sapin est né (2 ans plus tard) à la date qui avait été prévue pour Mademoiselle Bee. Les bébés qui arrivent un peu en avance semblent faire un cadeau à leur Maman, quelque chose comme : "Puisque tu te sens si lourde, puisque tu as un peu de mal à te déplacer, à respirer et à dormir, me voilà !"
On est loin désormais de ces premiers temps, dont les moments marquants reviennent dans les conversations, parés de nuances tendres (Tu étais si mignon), épiques (Comme tu t'agitais dans ta poussette quand tu voyais une voiture sortir d'un garage) ou dramatiques (Et la fois où tu as arraché une pleine poignée de cheveux à ta grande soeur)...
Les évènements du jour ont bien réflété les préoccupations d'un jeune homme du XXIe siècle : accomplir une partie de Dieu sait quel jeu en ligne, en équipe avec d'autres joueurs (pas très doués cette fois, d'après les commentaires saisis au vol), trouver des solutions au plantage de l'ordinateur portable, télécharger un nouveau jeu...
Heureusement, pendant ce temps-là, Mademoiselle Bee et Myosotis préparaient un gâteau et des bougies en nombre suffisant, et Petit Lierre se chicanait avec Petit Bouton d'or pour savoir qui apporterait les cadeaux. C'est que le monde virtuel est peut-être attrayant, mais il ne peut pas remplacer la saveur et la joie d'un repas en famille...


jeudi 9 juillet 2015

Votre fille a 20 ans...

Mademoiselle Bee vient de souffler 20 bougies. Elle est grande, belle, pleine de qualités qui causent autant de surprises que d'admiration à ses parents ravis (le plus souvent).
Et après 2 années passées loin de sa famille, elle a réappris à en apprécier les bons côtés. Elle se montre donc affectueuse et plus attentionnée, mais toujours très directe.
Ainsi, après l'achat de fleurs que l'on espère conserver longtemps (les daims ne les aiment pas) et que l'on se réjouissait beaucoup de planter sur-le-champ, la demoiselle a-t-elle remarqué gentiment :

"T'es une jardinière dans l'âme, toi !
- Euh... C'est surtout que je suis très contente quand je plante des trucs qui ne meurent pas...
- Bon, t'es pas douée, mais ça change rien..."
Toujours très directe.


dimanche 28 juin 2015

Après la pluie...

D'autres orages viendront, c'est certain. Néanmoins, après des jours où le jardin a été battu de pluie et d'excessive ardeur (en alternance et avec une égale intensité), il est bien agréable d'aller prendre soin des plantes et fleurs que l'on essaie d'y faire pousser.
Les pieds de lavande ont un peu baissé la tête, mais les daims n'y touchent pas et les abeilles y butinent tranquillement. Le thym va très bien lui aussi (pour les mêmes raisons)

 
Les lys de Pâques (replantés l'année dernière et bien plus tardifs dans leur floraison naturelle que dans les pots où ils avaient été achetés pour décorer l'église) ont un peu souffert mais résistent étonnamment :


Un sachet de graines de cosmos a jusqu'à présent donné une fleur. C'est mieux que rien :


 Trois sachets de graines de fleurs sauvages variées, soigneusement semées sur une parcelle que le Grand Chêne ne devrait pas tondre (mais il a oublié les premières fois cette saison), ont donné deux oeillets roses et une black-eyed-susan, parmi de hautes herbes dont on ne sait pas ce qu'elles peuvent donner, si on leur laisse une chance :


(Pas de photo des capucines, qui ont apprécié leur emplacement dans une grosse potiche mais qui n'ont pas supporté les averses).

La conclusion de tout cela ?
C'est simple mais réconfortant. Le petit jardin comme l'autre a été soumis à de rudes épreuves ces dernières semaines.
La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé...
Mais on est toujours là, on redresse doucement la tête et on continue, puisque c'est la vie. Et ce qui est donné, pour fragile et modeste que cela paraisse, n'en est pas moins beau.
On ferme les yeux sur un sourire et l'on se dit qu'il n'est pas mauvais de marier le carpe diem avec la recommandation de bâtir sur le roc.

samedi 25 avril 2015

Petit Lierre à la Banque Mondiale

Encore une heureuse tradition américaine :
Take your child to work Day.
Une journée pendant laquelle les enfants d'âge scolaire sont autorisés à ne pas aller en classe, pour suivre Papa ou Maman sur son lieu de travail et voir enfin où se passent ses journées...
Alors Petit Lierre a suivi le Grand Chêne à la Banque Mondiale.
La Banque Mondiale, c'est immense, des milliers de gens y travaillent à des projets complexes pour aider les pays pauvres du monde entier.



On avait prévu des activités pour les petits visiteurs : des bricolages, la visite du centre de sécurité, la visite des vastes couloirs peuplés d'oeuvres d'art variées...


... et même une rencontre dans le grand hall avec le Président de l'institution, Mr. Jim Yong Kim, venu tout exprès montrer son tee-shirt "End Poverty" et sa bonne volonté.
Mais le reste du temps, il fallait compter sur la patience et la disponibilité du Grand Chêne pour s'occuper de son petit garçon.
C'est là que Myosotis est intervenue : Petit Lierre enchanté a pu profiter d'un repas au restaurant de la Banque avec ses 2 parents pour lui tout seul.
(Le restaurant de la Banque Mondiale est un lieu étonnant où l'on trouve des plats de tous les continents : les Japonais comme les Marocains ou les Pakistanais peuvent y acheter de la nourriture familière, ce qui les aide sans doute à s'adapter à Washington DC... Petit Lierre a choisi un cheese-burger avec des frites.)
Après cela, on a raccompagné Papa jusqu'à son bureau pour lui permettre de reprendre le travail interrompu, avant de rentrer en métro avec Maman...

Quel souvenir Petit Lierre gardera-t-il de cette journée ?
Probablement rien de spécial.
Par contre, sa copine Norah a accompagné son Papa dans l'entreprise où il dirige la fabrication de muffins, et elle a pu l'aider !

Petit Lierre aime beaucoup les muffins...

mardi 7 avril 2015

100 %

Petit Lierre est français et américain. Il parle encore français à la maison, il apprend à lire et à écrire sa langue maternelle (en concurrence avec les apprentissages de l'école) et il ne fait pas tout comme ses petits camarades... (En particulier, il prend ses repas assis à table et il obéit généralement à ses parents.)
Mais ce soir, rayonnant de bonheur, il a passé une heure et demie à pratiquer une activité 100 % américaine : son premier entraînement de baseball

Un coach et deux assistants (c'est-à-dire trois papas) encadraient la petite équipe. Dans une atmosphère détendue (presque désordonnée), les règles étaient simplement rappelées quand l'occasion se présentait et chacun enfilait son casque ou son gant au bon moment. Les petits prenaient leur place, changaient de rôle, faisaient ce que le coach attendait d'eux, et à chaque balle (ratée ou pas) les félicitations fusaient, parce que le coach trouvait quelque chose à valoriser, dans le geste ou dans l'attitude...
Malgré la pluie printanière qui menaçait (et qui a fini par tomber), l'unique maman de service s'est laissée conquérir par la belle humeur ambiante.
Enfin, le coach a rassemblé sa petite troupe pour le rituel de conclusion. En cercle, on a répété l'essentiel : first rule, laisser parler le coach ; second rule, s'amuser ; third rule, manifester un esprit sportif et positif ; fourth rule, écouter ce que dit le coach.
Il y aura des matchs contre d'autres équipes, on fera des efforts pour maîtriser la technique, tous les garçons seront invités à se surpasser, mais ce sera toujours avec un sourire, encouraging, et "Go Rockies !" (les Rockies, c'est donc le nom de l'équipe des 7-8 ans...)
Il faut admettre que cette façon positive de procéder a du bon. Petit Lierre tout mouillé de pluie et de transpiration n'a exprimé qu'un regret, il a trouvé cette séance beaucoup trop courte. Et sa maman ne l'a pas contredit... Elle a tout juste eu le temps de commencer la lecture du "Baseball pour les Nuls" qui devrait lui permettre d'apprécier pleinement cette nouvelle saison.

samedi 4 avril 2015

Le Grand Silence

C'est ainsi que la Tradition présente ce Samedi Saint.
Un jour d'attente...
Tandis que les nouvelles les plus horribles s'accumulent...
Tandis que les Chrétiens sont confrontés à la violence du monde...
Tandis que tant de gens oublient, délaissent ou nient la part divine de l'Homme...
Un jour d'attente avant...


mardi 17 mars 2015

Le barber de Rockville

Les Américains laissent les dames aller chez le coiffeur et profitent des tarifs avantageux du traditionnel barber. La partie masculine du Petit Jardin a vite adopté cette pratique économique et va une fois par mois environ s'y faire faire une coupe rapide (et très convenable).

Dans cette boutique sans fioriture, on attend son tour en regardant du sport et des news à la télé, ou en feuilletant des magazines qui présentent des voitures avec des décolletés avantageux, et des publicités qui affirment : "Mais si, prenez une douche avec du savon, votre petite amie sera contente..."
Il faut cependant être attentif car le barber peut faire des excès de zèle et Petit Lierre (que le Grand Chêne avait un jour perdu de vue pendant leur coupe respective) est revenu une fois avec si peu de cheveux sur la tête qu'il n'a pas eu besoin d'y retourner le mois suivant...

Tout allait bien, jusqu'au jour où notre Jeune Sapin y est allé seul et a perdu son ticket de stationnement... Il a eu l'idée malheureuse de forcer le passage derrière une autre voiture pour quitter le parking, s'est rendu compte que ça ne marcherait pas quand la barrière s'est refermée sur lui, a voulu reculer et est allé heurter un pick-up garé non loin de là...
Quelle émotion au téléphone, quand Myosotis a entendu sa voix annoncer : "Maman, j'ai eu un accident !" Heureusement, il n'y avait que des dégâts matériels (sérieux mais la voiture roulait encore). On a rassuré (ça arrive à tout le monde...), on a réconforté, on a indiqué la marche à suivre : demander de l'aide pour sortir du parking, laisser nos coordonnées sur le pare-brise du pick-up abîmé, puis rentrer doucement.
Ici intervient de nouveau le barber. Cet individu douteux a refusé de donner de quoi écrire à notre Jeune Sapin, au motif que "si tu laisses ton nom, il faudra payer !" et lui a fait quitter le parking en vitesse !
Myosotis a donc téléphoné au gardien du parking et signalé l'incident, en laissant toutes les informations utiles pour que le conducteur du pick-up n'aille pas entreprendre une action pour délit de fuite... 
Mais la colère grondait, à l'idée qu'un adulte (a priori raisonnable) puisse donner de tels conseils à un garçon de 17 ans... Myosotis fort agitée a donc déclaré bien fort à ses enfants qu'on avertirait le Grand Chêne (alors absent) et qu'on changerait les habitudes : "On n'ira plus chez ce barber !"
Or Petit Lierre, très intéressé, n'avait rien perdu de toute l'affaire et avait suivi pas à pas sa Maman au téléphone, puis gesticulant dans la cuisine. Il a bien senti la colère et le subtil désir de vengeance contenu dans cette promesse de changement, mais il s'est laissé induire en erreur par une similitude phonétique intrigante. Il a donc demandé, persuadé sans doute que l'on préparait une expédition punitive sanglante : "Dis Maman, ça veut dire quoi plucher le barber ? On va lui faire quoi ?"