jeudi 15 octobre 2009

Et pourtant, pourtant...

Myosotis a fait un grand plongeon. Du Latin, encore du Latin, toujours... Avec de (gentils) petits groupes d'élèves clairsemés qui arrêteront dès qu'ils auront le bac en poche. Parmi des (gentils) collègues tout occupés de mille autres choses, qui regardent passer la prof de Latin comme ils contempleraient le dernier des dodos. Avec la conviction de travailler pour la gloire, en étudiant ces textes fondateurs que plus personne ne lit.
Dans le casier abandonné par la collègue partie à la retraite, un vieux Gaffiot sommeillait, doucement appelé à tomber en poussières... Myosotis, dont le Gaffiot est encore en très bon état (pas assez utilisé ?) l'a réparé de son mieux (encore un épisode de la grande série : le Remède serait-il pire que le mal ?) en espérant qu'il servira encore un peu... Il faut garder la foi.


Et pourtant, pourtant, la mort de Socrate racontée par Cicéron, avec ses mots magnifiques et drôles qui évoquent le doux sommeil de la mort et qui trouvent un écho dans le To be or not to be d'Hamlet (Dormir ? Rêver peut-être...)...
Le récit par Tite-Live de l'exploit des Sabines, épousées de force mais devenues si fortes d'êtres épouses...
Les vers si bien pesés d'Horace pour parler de l'amour, Avec toi j'aimerais vivre, avec toi je mourrais volontiers...
Myosotis en s'y replongeant a retrouvé les bonheurs uniques de la Littérature éternelle, celle qui était avant, celle qui a nourri et formé les auteurs des siècles suivants. Avec le bonheur de faire partager tout cela aux élèves qui ont eu le courage ou la faiblesse de se laisser convaincre de continuer.
Il y a là-dedans quelque chose de l'ivresse des cimes, ce que l'on doit éprouver quand se retrouve très haut, tout seul, après de longs efforts, pour contempler le monde avant d'y retourner.

5 commentaires:

famille Boutle a dit…

Chic un nouveau message, amoureux, et sur le latin… À l'heure actuelle, j'essaye en vain de convaincre mes filles de se joindre au petit club de latin initié par mon voisin, prof de latin médiéval. Il leur a pourtant trouvé un adorable livre pour apprendre, Minimus, qui est construit autour d'une petite souris et de sa famille, mais elles rechignent. Comment leur faire comprendre le charme et l'intérêt de cette langue et des énigmes qu'elle pose ?
Bises
Corinne

jardinette a dit…

quelle passion ! on en redemande !le feu sacré des choses que l'on aime , Mme de Rommilly en serait enchantée .Continue sur cette voie en espérant qu'il y aura des disciples !
gros bisous et bon courage .

tricotine a dit…

Ah ce bon vieux Gaffiot!!!
Si lourd à transporter quand
il fallait déménager...
Je ne savais pas qu'il pouvait receler autant de trésors!!!
La culture a toujours un certain poids, et il faut vraiment aimer le latin pour pouvoir le servir ainsi et donner à des élèves l'envie de l'étudier....
Bon courage petie rat de bibliothèque!!!

Zélie a dit…

Bonjour, au gré de mes périgrinations, je tombe sur votre message qui me parle tant...
Neuf années de latin, deux de grec qui m'ont tellement nourrie. Ont accompagné ma passion pour l'Histoire.
Aujourd'hui encore, il m'arrive très souvent d'y faire référence devant mes classes. Peu importe "l'utilité" de ces langues, elles construisent nos pensées, donnent du recul et inspirent....
Ce n'est pas pour rien que mon Gaffiot est un des rares objets qui m'a accompagnée dans mon nouveau pays.

Anonyme a dit…

Pour un peu je me remettrais au Latin! :) Merci!
Saveria