jeudi 5 juin 2008

Soir d'orage et bougies

Une fin d'après-midi ordinaire... Petit Lierre tout sourire dans la voiture pour aller chercher les grands à l'école, le ciel est un peu menaçant et Myosotis décide de prendre un grand parapluie, au cas où... Et voilà soudain quelques grosses gouttes, on se dit qu'il faut se hâter pour mettre les enfants (sagement rangés sur le parking de l'école) vite à l'abri dans les voitures, mais c'est trop tard



la maîtresse rassemble les petits sous son grand parapluie qui paraît dérisoire, les rafales balaient tout et la troupe en désordre court se réfugier dans le grand hall, sous l'église toute proche
les éclairs, l'eau en paquets, les craquements du tonnerre, tout ruisselle et recouvre les voitures d'un fracas immense
il faut y aller pourtant, sortir et ramener Petit Bouton d'or chaton mouillé qui grelotte sous son grand cartable
et puis quitter le parking aveuglément pour aller chercher Mademoiselle Bee et Petit Sapin
les branches tombées et les éclaboussures se dressent le long de la route, le tonnerre continue, juste au-dessus
enfin l'autre parking, attention aux débris d'arbres accumulés, un grand tronc bousculé repose sur des fils électriques, pour combien de temps en équilibre ?
les enfants tardent à sortir et l'on ne sait que faire mais les voilà, ils ont renoncé à se protéger et triomphent de leur peur en marchant vers les phares qui les guettent
trempés essoufflés heureux un peu inquiets
on rentre
le flot des écoulements grossit de toute part Myosotis connaît la route mais des flaques imprévues surviennent comme des vagues qui fouettent les portières, voilà la maison ! nous y sommes rentrez vite je m'occupe de Petit Lierre...
Pas d'électricité.

On n'a pas froid mais on est saisi par le manque de lumière, à chaque passage d'une autre nuée orageuse qui occupe l'espace autour de la maison. On allume des bougies. D'abord c'est amusant, mais le soir vient et l'on se prend à ressentir une certaine mélancolie... Tous les gestes quotidiens prennent une autre allure. Et Myosotis doit ressortir dans la tempête (en laissant Mademoiselle Bee avec Petit Bouton d'or et Petit Lierre endormi) pour accompagner Petit Sapin qui joue dans un spectacle ce soir (bonheur bien mérité et grand succès le font rosir)... Encore l'averse, les coups de vent qui malmènent les arbres, les flaques, les torrents sous les roues et les éclairs mauves... Finalement à bon port, c'était peut-être imprudent, mais on y est.

Alors c'est la nuit pour de bon. L'électricité était rétablie mais elle est de nouveau coupée. Mademoiselle Bee a allumé toutes les bougies de la maison pour rassurer Petit Bouton d'or, chacun a soufflé quelques flammes avant de gagner le refuge de son lit, l'orage a cessé... Il reste quelques tâches à achever, l'obscurité qui cerne les bougies restées allumées, l'absence du Grand Chêne et le silence.

Devant une flamme, dès qu'on rêve, ce que l'on perçoit n'est rien au regard de ce qu'on imagine.
La flamme est un monde pour l'homme seul.

Et pour Myosotis aussi.

2 commentaires:

Nath a dit…

Joliment écrit myosotis ! bravo j'aime beaucoup et c'est vrai qu'avec les bougies on a une autre vision de son décor et que sans électricité tout devient compliqué ! les enfants sont effrayés mais souvent sont fascinés aussi comme nous les grands remarque !
bon week sous les nuages ou sous le soleil ! on verra !
bisous

Anonyme a dit…

Ce soir je voulais me replonger dans "L'elegance du herisson' qui me passionne mais attiree par les petits mots Myosotis j'ai regarde longuement au dessus de la barriere ce joli jardin si pleins de vie! Je reviendrai m'asseoir tout pres de temps en temps respirer un peu d'air frais, mediter, rever, prendre de l'energie, l'envie de continuer meme quand il pleut et que tout est gris.
Pour un coup d'essai,
C'est un coup de maitre!
Aujourd'hui peut-etre
Une etoile est nee

A mardi matin
S.